Les CAFards

Collectif de chômeurs et précaires à Montreuil

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La gestion par le vide

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Ce que l’on reproche à un cafard, ce n’est pas de voler les miettes, c’est de proliférer.
C’est pour cela qu’on l’extermine.
Proverbe Rrom

PÔLE EMPLOI OU LA GESTION PAR LE VIDE
quand le chat n’est pas là, les souris dansent ?

Une occupation du Pôle Emploi de la rue Kléber à Montreuil a eu lieu le mardi 1er décembre afin, tout à la fois, d’exiger le rétablissement des droits d’une partie des occupants, de protester contre le suivi mensuel obligatoire, les radiations à tour de bras, etc. Il s’agissait aussi de faire écho aux autres actions menées par divers collectifs de chômeurs et de précaires à travers la France, décidés à s’en prendre aux dispositifs de mise au travail forcé, d’individualisation et de mise en concurrence de chacun avec chacun.

Alors on a déboulé gentiment, distribuant des tracts, scotchant des affiches, discutant avec les autres allocataires. Comme plusieurs semaines auparavant, l’un de nos objectifs – en plus de rencontrer d’autres allocataires – était de voir des agents de Pôle Emploi et de faire pression sur leur direction pour qu’ils arrêtent de supprimer les allocs pour un oui ou pour un non. Mais, très vite, le Pôle Emploi s’est vidé de ses agents. Cette fois-ci, pas de responsable régional arrangeant “miraculeusement” nos dossiers. Des bureaux vides. Les agents se sont cassés une demie heure à peine après notre arrivée. C’est le droit de retrait qu’ils disent. C’est aussi une consigne de leur direction : ne pas laisser de prise à celles et ceux qui contestent collectivement. Place vide. À l’image, en vérité, du 39 49 dont l’objectif majeur est d’éloigner toujours plus l’allocataire des agents, d’empêcher tout face à face dans lequel ces derniers auraient à rendre des comptes et à se confronter aux allocataires qu’ils privent de toute ressource.

Dans ce Pôle Emploi vide nous nous sommes alors demandé s’il fallait occuper plus longuement. Pour en faire un lieu de regroupement des chômeurs et des chômeuses de la ville ? Peut-être. Il faut dire que ce n’est pas souvent que des chômeurs et des chômeuses gueulent au-delà de leurs dossiers. Il faut dire que ce n’est pas souvent que l’on arrive à se regrouper à un certain nombre pour refuser leur contrôle. Une occupation qui dure, c’est l’occasion pour beaucoup plus de gens de partager leurs situations et de commencer à cesser de se débrouiller uniquement de manière individuelle. Et, en même temps, on sentait qu’on s’était fait avoir avec le départ des agents. Peut-être la direction de Pôle Emploi craint-elle que ses salariés légitiment par notre action leurs refus fréquents du contrôle ? Que certains prennent eux aussi la parole pour mettre en cause le costume de flic en civil que leur direction cherche à leur faire porter ?

Nous savons qu’il a déjà été question, dans divers Pôle Emploi, de refus collectif d’appliquer le suivi mensuel et l’offre raisonnable d’emploi de la part des agents eux-mêmes, que dans d’autres agences les salariés font des appels du pied aux collectifs de chômeurs pour venir les occuper. Mais là, on peut dire que nous sommes bien loin de toute entente. Les agents – peut-être poussés par leur hiérarchie et un management totalitaire – n’ont pas témoigné la moindre volonté de comprendre ce qui avait lieu. Ils ont pris l’occupation pour l’invasion de leur maison et nous, pour des intrus. Ils ont préféré s’offusquer de la forme plutôt que de discuter sur le fond : la situation dans laquelle se trouvent les chômeurs et les chômeuses, forcés à jouer le jeu sans fin du demandeur d’emploi hyper motivé, prêt à tout pour se remettre dans le circuit du travail.

Quand les flics ont déboulé, on s’est rappelé la blague un peu facile sur “Pôlice Emploi” et nous avons préféré partir.

On lâchera pas, on a tout notre temps.
Alors maintenant, on veut batailler contre la place vide, contre cette stratégie qui ressemble à s’y méprendre à celle du patron qui déménage son usine en loucedé pendant le week-end. Et pour cela, il faut des rendez-vous pour s’organiser, afficher dans la ville, se rencontrer entre allocataires, tisser des liens avec des agents en rupture. Pour que cesse le contrôle, pour avoir l’argent sans-contrepartie, pour trouver des prises sur les institutions sociales.

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Written by cafard93

4 décembre 2010 at 12:31

Publié dans Tracts & Documents

Matérialisation de chômeurs à la plate-forme téléphonique de Pôle emploi

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Ce matin mercredi 12 mai 2010, nous étions une vingtaine de précaires, intermittents de l’emploi et autres chômeurs en grève à occuper la plate-forme téléphonique du « 39 49 » de Pôle Emploi, au 480 Clos de la Courtine, à Noisy-le-Grand en Seine-Saint-Denis. Nous avons commencé à débattre avec les salariés embauchés pour faire fonctionner cette machine kafkaïenne. Ici au nombre de 120, ils sont principalement chargés des inscriptions (et non de l’ouverture de droits, qui ne concerne d’ailleurs que la moitié des chômeurs) au moins pour toute l’Ile-de-France. Peu de temps après notre arrivée, les employés ont arrêté de travailler et la direction leur a ordonné de quitter les locaux, coupant court à toute discussion collective avec les salariés. Exactement comme dans les Pôle Emploi qui ferment leurs portes dès que des chômeurs viennent s’y exprimer et y agir autrement que comme des individus isolés.

Nous avons cherché à contacter le directeur régional, Raymond Lagré, pour le sommer de répondre à la série de questions suivantes :

  • Pouvez-vous confirmer la suppression du suivi mensuel personnalisé à la fin du mois de mai ?
  • Quel nombre de radiations a eu lieu en Ile-de-France sur l’année 2009 et pour quels motifs ?
  • Combien y-a-t-il de sous-traitants privés (spécialisés dans le coaching, les stages de motivations,…) ? Pouvez-vous nous donner la liste de ces entreprises ainsi que le budget qui leur est consacré ?
  • Y-a-t-il une directive interne qui oblige les directions des agences de Pôle Emploi d’appeler la police dès que des chômeurs et allocataires viennent faire valoir le droit d’information aux usagers ?
  • Y-a-t-il une directive interne qui officialise la présence de vigiles à l’entrée des Pôle Emploi et qui les charge de faire le tri parmi les chômeurs et les allocataires ? (comme à l’antenne Kléber de Montreuil où les vigiles disposent désormais d’un cahier avec la liste nominative des chômeurs et allocataires sectorisés dans cette antenne). Combien coûte l’emploi de ces vigiles ?
  • Combien coûte l’installation des lampes bleues en Ile-de-France ?
  • Comment le plan de rigueur gouvernemental va-t-il se traduire pour les usagers de Pôle Emploi ?

Vers 16h, le directeur de cabinet de M. Lagré, M. Baillot est venu rejoindre les quelques flics présents en bas de l’immeuble. Il a refusé de nous rencontrer dans les locaux pour répondre à nos questions. Nous avons alors décidé de le rejoindre au bas de l’immeuble, ainsi que les salariés en chômage technique. Là aussi, il a refusé tout dialogue, précisant ne s’être déplacé que « pour prendre des nouvelles de ses collègues » et « constater que le droit de retrait des salariés avait bien été appliqué ». Mais au fait, c’est quoi un droit de salarié imposé par une direction ? [Maintenant vous partez, rentrez chez-vous ! intimait une cadre de la plate-forme]

En tous cas, cette obligation d’éviter tout contact avec les chômeurs grévistes est parfaitement cohérente avec la « révolution managériale » qui partout passe par un vaste processus de dématérialisation et d’informatisation. Plus nous sommes « dématérialisés » par Pôle Emploi (à travers internet, le téléphone ou les portes fermées), moins nous avons d’espace pour nous rencontrer et lutter contre les injonctions qui nous sont faites.
Aujourd’hui, nous nous sommes matérialisés là, en chair et en os, nous avons cessé de n’être que des dossiers, des chiffres, en somme des « D.E ». Car nous ne pouvons être réduits à des « demandeurs d’emploi », des victimes en manque de travail. Nous pouvons aussi bien user individuellement et collectivement du chômage pour résister à la mise au travail forcé, pour repousser les injonctions à l’adaptation à la conjoncture économique.

Ni travail forcé Ni culpabilisation Ni management
Vive la grève des chômeurs !

Written by cafard93

12 mai 2010 at 1:56

Mobilité européenne

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« À l’occasion de la fête de l’Europe 2010, la ville de Montreuil sera en ébullition le samedi 8 mai…
la construction européenne sera célébrée cette année autour du thème symbolique de la mobilité.
Ville aux 90 nationalités, qui a accueilli de tous temps des migrants de toutes origines,
Montreuil est elle-même une belle illustration vivante de la mobilité…»

La mobilité européenne, c’est se faire accueillir à bras ouverts dans une prison appelée « centre de rétention administrative ». C’est mourir dans une barque de fortune pour se rendre jusqu’aux portes de la « civilisation ». Et pour ceux qui survivent, c’est se faire arrêter par la nouvelle police privée européenne : « Frontex ». La mobilité du travailleur européen, c’est se faire licencier et se voir proposer, dans le cadre d’un plan de reclassement, de travailler en Pologne pour un salaire de misère. La mobilité en France, ça signifie être contraint par « l’offre raisonnable d’emploi » d’accepter n’importe quel boulot quelle que soit la distance de son lieu d’habitation, sous peine d’être radié et de perdre ses allocations. C’est ne pas avoir les moyens de prendre les transports pour aller visiter ses amis lointains. Et se faire tracer dans ses déplacements quotidiens par le pass navigo. C’est entendre à la CAF, lorsqu’on vient d’un autre pays de la «communauté » : « Si vous n’êtes pas content, rentrez chez vous ».

À Montreuil, quand on a pas les bons papiers, c’est rentrer directement au foyer après le boulot par peur de se faire arrêter pour contrôle d’identité. C’est occuper sa boîte d’interim jours et nuits pendant 6 mois pour que son patron daigne lâcher le papier qui ouvrirait à la régularisation. Quand on est Rrom, sans droit de travailler ni la moindre allocation, c’est habiter dans un camp vigilé aux bons soins de la mairie qui interdit à toute personne extérieure de rentrer (on appelle ça « maîtrise de l’oeuvre urbaine et sociale »). C’est se faire expulser par la police d’un coin de trottoir à un autre sous prétexte de désinfecter la rue. Parce qu’un camp de Rroms ça fait tâche devant le salon du livre…

La liberté de circulation en Europe, c’est celle des étudiants Erasmus et des cadres dynamiques ; celle des touristes qui pourrissent tout sur leur passage. C’est la liberté de circulation des marchandises humaines, en fonction des intérêts du moment.

Nous voulons décider nous-mêmes de notre mobilité

GRÈVE DE LA MOBILITÉ !
LIBERTÉ DE CIRCULATION ET D’INSTALLATION !

NOUS SOMMES TOUS DES CHÔMEURS GRECS

RDV demain dimanche à 16h à l’entrée de la rue piétonne (rue du Capitaine Dreyfus m° Croix de Chavaux) pour partir en fanfare et en déambulation jusqu’à la place de la Fraternité (m° Robespierre).

Vendredi 14 mai : RÉUNION PUBLIQUE À 19H À LA BOURSE DU TRAVAIL DE MONTREUIL, Métro Croix de Chavaux. «Chômer et s’organiser à Montreuil, perspectives pour une grève des chômeurs et précaires.»

VIVE LA GRÈVE DES CHÔMEURS! Avec ou sans papiers, chômeurs des banlieues, jeunes sans allocations, étudiants en intérim, auto-entrepreneurs en faillite (existentielle), révoltés au RSA (Rage System Against), courreurs d’intérim à bout de souffle, avec ou sans logement, salariés au lance-pierre, trimards de l’associatif, managés au affects, relookés au flasball, ouvriers du queer, démissionnaires sans allocs, retraités, maltraités, chômeurs à temps partiel, vendeurs pirates de DVD à la sauvette, sur-diplômés en dispomobilité, trieurs de nuit, de zinc et autres dénicheurs d’encombrants sauvages, travailleurs sociaux en crise de remise au travail, inteRMIttents, précaires, pères, mères, enfants n’hésitez pas à y trainer vos parents.

PDF mobilité européenne

Written by cafard93

8 mai 2010 at 5:01

Lettre ouverte aux Pôle Emploi fermés

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Depuis lundi 3 mai, la grève des chômeurs a commencé dans plusieurs villes de France.

Mardi 4, à Rennes, la direction régionale de Pôle Emploi a été occupée par une quarantaine de chômeurs et précaires. Après de nombreuses heures de négociation, la direction a fini par concéder le début d’une reconnaissance d’un droit de grève des chômeurs en considérant la participation à la grève comme « motif valable d’absence à convocation ».

La situation en Île-de-France est toute autre. Lundi, alors qu’une centaine de personnes occupaient la salle de réunion du siège national de Pôle Emploi, celle-ci a choisi comme seule forme de contact d’ordonner l’expulsion manu militari des occupants. Conformément à la politique de la « maison », les flics ont refusé toute sortie collective pour obliger les occupants à un suivi très individualisé jusqu’aux fourgons de police. Après les quatre heures de contrôle d’identité, toutes les personnes ont été libérées a priori sans sanction ni radiation, mais malgré le soutien des syndicats de Pôle Emploi, la direction laisse planer la menace d’une plainte pour trop perçus de champagne…

Mardi et mercredi, à Montreuil, un piquet de chômeurs et précaires s’est tenu tout l’après-midi dans la rue piétonne. Chaque jour, des visites collectives ont été effectuées en direction des deux antennes Pôle Emploi pour informer allocataires et salariés de la grève en cours. Chaque jour, le même scénario hystérique s’est répété : dès que l’allocataire se voyait démasqué comme chômeur gréviste à la sortie du premier tract ou de la première parole articulée à haute voix, la direction lançait ses vigiles en tous sens pour fermer toutes les issues et hurlait au retrait des agents.

La direction s’emploie a empêcher toute relation, toute discussion avec les agents. Comme nous, elle pense que nous avons beaucoup de choses à nous dire et à échanger concernant la fusion des Assedics et de l’Anpe, concernant les logiques de contrôle et de management dont nous sommes les sujets, d’un côté et de l’autre du guichet.

La fermeture des Pôle Emploi n’est pas notre fait mais bien celui de la direction. Chômeurs en grève, nous avons le temps et nous passerons quotidiennement jusqu’à ce que les Pôle Emploi restent ouverts lorsque nous y viendront pour informer allocataires et salariés des agences, pour débloquer collectivement des dossiers ou afficher dans les panneaux réservés aux collectifs de chômeurs.

En attendant, nous invitons les agents à venir nous rencontrer au piquet des chômeurs en grève installé sur la rue piétonne à deux pas.

Agent du Pôle, même derrière ton guichet, tu restes un chômeur.

PDF lettre poles fermés

Written by cafard93

6 mai 2010 at 5:18

Et si on inventait la Grève des Chômeurs ?

Piquet de grève à Montreuil du 4 au 9 mai
Les mexicains appellent ça un « planton », ils visibilisent leurs luttes comme ça. Nous, on appellerait ça « piquet de grève de chômeurs et de précaires ». On y sera installé, avec du café, du thé, des tracts, des affiches, de quoi écrire et dessiner. On y tiendra des permanences d’autodéfense sociale, on lira ensemble des textes ; on pourra approfondir par l’enquête de rue l’hypothèse de la grève des chômeurs, improviser des visites à plusieurs dans les institutions qui nous gèrent, organiser un banquet de rue…

Du mardi 4 au samedi 8 mai : piquet de grève tous les jours de 14h à 19h dans la rue piétonne, rue du Capitaine Dreyfus, M° Croix de Chavaux.

  • Mardi 4 mai : à 20h30 projection de Busqueda Piquetera, film sur des chômeurs en lutte dans la banlieue de Buenos Aires, au 28 rue Carnot, M° Croix-de-Chavaux. Entrée libre.
  • Mercredi 5 mai : Sur le piquet de grève, c’est la journée chômée des enfants.
  • Jeudi 6 mai : Après le piquet, c’est l’apéro des chômeurs à 18 heures au 28 rue Carnot.
  • Vendredi 7 mai : Après le piquet, c’est le banquet des chômeurs à 20h30 rue du Capitaine Dreyfus.
  • Samedi 8 mai : Le piquet des chômeurs en grève continue.
  • Dimanche 9 mai : BAL DES CHÔMEURS HEUREUX D’ÊTRE EN GRÈVE, RDV 16h rue du Capitaine Dreyfus pour partir en déambulation jusqu’au bal place de la Fraternité, M° Robespierre
  • Mardi 11 mai : CAFé des CAFards comme chaque mardi de 17h à 19h au 9 rue François Debergue, M° Croix de Chavaux. À Montreuil, des CAFards – ayant-droits de la CAF, de Pôle Emploi, de la CPAM, du CCAS – se sont associés pour faire face collectivement à ces administrations.
  • Vendredi 14 mai : RÉUNION PUBLIQUE À 19H À LA BOURSE DU TRAVAIL DE MONTREUIL, Métro Croix-de-Chavaux. «Chômer et s’organiser à Montreuil, perspectives pour une grève des chômeurs et précaires.»

PDF piquet chômeurs montreuil

Written by cafard93

4 mai 2010 at 5:18

Appel à la Grève des Chômeurs

NI EMPLOI FORCÉ, NI CULPABILITÉ, NI MANAGEMENT
GRÈVE DES CHÔMEURS

On en a marre de la culpabilisation et de la mise au travail forcée.
Nous avons besoin d’inventer ensemble une grève des chômeurs, une grève de tous les précaires.
Nous appelons à commencer dès le 3 mai.
Ce n’est pas parce que nous n’avons pas d’usine où nous retrouver qu’on ne va pas s’organiser.

Mais ce serait quoi une grève des chômeurs ?

Ça commencerait par un mouvement de refus. Refus de nous laisser harceler, mobiliser, culpabiliser, insérer de force. Les réformes de Pôle emploi ou du RSA cherchent à nous coincer, un par un, pour nous faire accepter des emplois de 10h par semaine payés une misère dans les secteurs les plus difficiles. Il faudrait accepter n’importe quel travail sous peine de perdre une allocation de survie. Et qu’en plus nous soyons reconnaissant. Devrions-nous avoir honte de ne pas savoir nous vendre à n’importe quel employeur, honte de ne pas vouloir déménager pour un boulot, honte de ne pas accepter tout et n’importe quoi, de ne pas plier, en somme, devant la raison économique ?

Pas de honte qui tienne : franchement nous avons mieux à faire. Nous avons mieux à faire que chercher des emplois inexistants, mieux à faire que ce que l’on exige de nous. Voilà pourquoi nous refusons d’être suivis, contrôlés, managés, culpabilisés, radiés. On renfloue les banques et on ose nous dire qu’il va falloir se serrer la ceinture. Nous serons en 2010 un million supplémentaire de chômeurs sans droits. Une fois de plus nous servirons de prétexte à des débats d’experts sur les travailleurs pauvres, qui décideront à notre place ce qui est bon pour nous.

La grève des chômeurs et précaires ce serait -dès maintenant- ne pas rester isolé, sortir des eaux glacées du calcul égoïste dans lesquelles on nous plonge. La grève des chômeurs et précaires ce serait décider ensemble d’enrayer une machine à précariser faite pour nous manager à mort.

Nous appelons tous les travailleurs précaires, les intérimaires en colère, les intermittents du spectacle et de l’emploi, les saisonniers, les stagiaires démotivés, les étudiants désorientés, les retraités en mal de revenu, les sans-papiers, les licenciés preneur d’otages, les travailleurs forcés, les volcans fraîchement réveillés à se rencontrer dans les queues des CAF et des Pôle emploi, dans la rue, partout et à s’organiser. Déjà, à Rennes, Brest, Nantes, Paris, Lorient, Montreuil, Tours, Montpellier, Bruxelles des précaires et chômeurs prennent l’initiative…

Que mille collectifs fleurissent sur les décombres du plein emploi.
Inventons ensemble la grève des chômeurs et précaires.

RDV LUNDI 3 MAI
À 11H, PLACE DE LA RÉPUBLIQUE,
TERRE-PLEIN CENTRAL

PDF appel grève des chômeurs
Lecture de cet appel en direct, par intrusion, sur le plateau d’une émission de télévision

Written by cafard93

21 avril 2010 at 4:45

CAF ?… Arrrrgh !!!!

Aujourd’hui, comme tant d’autres fois, nous nous retrouvons à faire la queue à la CAF. Cette fois, nous sommes venus avec un ami à qui la CAF refuse de verser les prestations familiales – auxquelles il a droit – sous le prétexte fallacieux qu’il n’aurait pas les bons papiers.

Tous les aventuriers des temps modernes que sont les « usagers » de l’institution ont fait cette expérience :

LE PÉRIPLE INFERNAL DE QUI VEUT TOUCHER SON FRIC

Après 62 appels inutiles au numéro à tarif spécial de la CAF, après 543 minutes d’attente dans les agences pour se faire dire « madame on peut rien pour vous », bien souvent on abandonne, épuisé, seul face à cette grosse machine qui veut garder tous nos sous bien au chaud dans ses caisses.

Après un premier refus, quand par chance, quelqu’un au guichet vous fournit les informations nécessaires à un recours, procédé simple mais peu utilisé, on écope généralement d’un deuxième refus qui oblige à se lancer dans une plainte auprès du tribunal des affaires de la sécurité sociale (le TASS), procédure bien plus fastidieuse.

Tout est fait pour décourager les démarches, avec en premier lieu la rétention d’informations. Qui sait par exemple que les administrations ont l’obligation de donner une réponse dans un délai de deux mois ? Et que l’absence de nouvelles au terme de ces 60 jours équivaut à un refus implicite ? Qui sait encore que les enfants, qu’ils soient nés ou pas sur le sol français, ont le droit comme leurs camarades de classe aux allocations familiales ? Quand la CAF refuse systématiquement les prestations familiales à des parents « sans-papiers » d’enfants résidents en France, elle contrevient à son propre règlement.

Ici comme dans bien d’autres cas, la CAF mène une politique qui pousse au renoncement. Elle s’approprie le fric d’ayants droits qui, parce qu’isolés, ne maîtrisant pas bien la langue ou juste fatigués des démarches administratives, ne feront pas les démarches nécessaires pour récupérer leur dû. C’est sans réponse, sans solution que l’on rentre chez soi, pas plus avancé qu’hier. C’est pourquoi nous venons à plusieurs aujourd’hui, plus forts et déterminés à exiger notre argent.

D’ « usagers » nous avons décidé de devenir CAFARDS, c’est à dire de nous organiser collectivement pour partager les informations, pour se déplacer dans les institutions et y exiger les textes relatifs à l’accès aux prestations et faire débloquer des dossiers, mais aussi pour rencontrer des « usagers » et peut-être découvrir d’autres cafards dans les files d’attentes interminables.

À Rennes, Paris, Lyon, Lille, Marseille, Toulouse des collectifs de chômeurs, précaires et autres cafards naissent, renaissent et agissent dans les CAF, les Pôle emploi, les CPAM ou les CCAS.

À MONTREUIL COMME AILLEURS
CES INSTITUTIONS NOUS VOUDRAIENT TOUJOURS PLUS ISOLÉS, MUETS ET SOUMIS

À MONTREUIL COMME AILLEURS
SOYONS PLUS NOMBREUX POUR LEUR FAIRE LA MISÈRE

PDF Cafarghh

Written by cafard93

16 décembre 2009 at 12:17

Publié dans Tracts & Documents

Vers une grève des Chômeurs

Un peu partout en France, des chômeurs, précaires, et autres CAFards se mettent en mouvement : une mairie occupée à Brest qui appelle à l’occupation des mairies et autres bâtiments publics stratégiques et d’autres qui en font autant à Lannion, Morlaix et Rennes; de nombreuses interventions dans des Pôle Emploi et des CAF, mais aussi dans des agences ERDF et des boites d’intérim, des marches en Bretagne et autour de Marseille. Les manifestations du 5 décembre contre le chômage et la précarité à Rennes, Paris, Lyon, Bordeaux, Agen, Besançon et Marseille, s’annoncent bien.

À NOTRE TOUR, NOUS INVESTISSONS UNE ANTENNE PÔLICE EMPLOI.

Nous venons, aujourd’hui, nous approprier un temps, une agence Pôle Emploi. Nous voudrions faire de ce lieu autre chose qu’un espace d’humiliation et de contrôle, retourner sa fonction comme une peau de lapin, l’investir pour y faire ce qui nous importe. Réaménager l’espace. Partager, avec les autres allocataires et les agents, des analyses des institutions sociales et de leurs réformes. Manger, pour une fois, autre chose que des radiations dans la gueule. Repenser nos craintes, nos espoirs, nos armes. Et peut être imaginer ensemble une grève des chômeurs. Sans préavis.

CE SERAIT QUOI UNE GRÈVE DES CHÔMEURS ?

Sans doute un arrêt du travail que Pôle Emploi exige de nous : venir chaque mois pointer et nous faire interroger par Police Emploi, nous faire contrôler nos papiers aux UV comme à la préfecture, accepter des boulots de merde payés des miettes que l’état prétend « raisonnables », perdre son temps en stages de CV et de relooking, patienter des heures au 39 49 pour faire valoir nos droits. Bref, une grève pour refuser d’être produits comme victimes du chômage, statistiques à manipuler, épouvantail repoussoir à travailleurs pauvres, chair à réinsérer de gré ou de force, esprits à remotiver. C’est contre tout cela que nous occupons aujourd’hui l’usine des chômeurs, là où on met nos corps et nos esprit au travail.

INTERVENONS PARTOUT, À 3, À 20 OU PAR CENTAINES,
DANS LES PÔLE EMPLOI ET TOUS LES LIEUX QUI VEULENT NOUS CONTRÔLER :

RENDEZ-VOUS MERCREDI 2 DÉCEMBRE
À 11H PLACE DU CHÂTELET, POUR UNE OCCUPATION

ET À LA MANIFESTATION PARISIENNNE CONTRE LE CHÔMAGE ET LA PRÉCARITÉ
LE 5 DÉCEMBRE À 14H À STALINGRAD

À MONTREUIL RETROUVONS-NOUS À 13 H À L’ENTRÉE DE LA RUE PIÉTONNE
À CROIX DE CHAVAUX POUR PARTIR ENSEMBLE À LA MANIF

Nous ne voulons
ni être contrôlés ni gérés ;
ni aidés ni plaints
Nous voulons de l’argent.
Rendez-vous sur la grande grève

PDF vers une grève

Written by cafard93

25 novembre 2009 at 12:45

Nous préférons une grève des Chômeurs

Tours en rond, de rdv en rdv, de standards en standards, de formations en formations,
Allers-retours, de l’intérim au chômage, du temps partiel au RSA,
Et puis mimer la bonne volonté, la bonne foi, la vraie motivation,

NOUS PRÉFÈRERIONS PRENDRE LE FRIC,
SANS CONTRE-PARTIE

Pas tellement parce que nous préfèrons glander ou vivre des week-ends permanents,
mais parce que nous savons que si nous avions le choix, ensemble, nous ferions tout autre chose que de servir des inconnus dans des bars ou des restos,
que d’appeler chez les gens pour les emmerder avec des histoires de promotion et de services après-vente,
que de construire des nouvelles prisons ou des bâtiments qui se casseront la gueule dans dix ans.

Nous refusons le racket : si tu travailles, tu as du fric, et donc tu peux vivre.
Pas tellement parce que nous voulons une société où chacun s’ennuie à ne rien faire
Mais parce qu’à force d’orienter le travail par le fric, celui-ci est souvent devenu plus con que jamais.

Et parce que nous ne pouvons pas plus accéder directement aux moyens de production que faire de ces derniers
un usage intéressant,

NOUS VOULONS D’ABORD L’ARGENT
ET PUIS APRÈS ON VERRA

Ça peut sembler dingue,

mais ça l’est moins,

qu’imaginer un développement durable
un capitalisme humain et écologique

mais ça l’est moins,

que de continuer nos petites débrouilles
que de galèrer chacun de notre côté.

Alors quoi ?

Il nous faut des situations et des espaces où se rencontrer, où se montrer
ET EXIGER BEAUCOUP
pour que, chaque fois que nous passons par la case emploi,
nous ayons moins peur du chômage et donc de nos patrons
pour que, à chaque fois que nous allons à la CAF, à Pôle-Emploi, au CCAS ou ailleurs,
ils sachent que nous ne demandons pas la charité mais l’argent.

Nous voulons imaginer ce que serait une grève
des chômeurs,
une grève qui dirait, dans un grand rire: donnez-nous l’argent,
et arrêtez de nous prendre pour des buses, on voit que
votre contrôle et vos radiations,
c’est pour nous faire accepter n’importe quoi

MANIFESTION DES CHÔMEURS, PRÉCAIRES ET AUTRES CAFARDS
À PARIS LE SAMEDI 5 DÉCEMBRE, À 14H, PLACE STALINGRAD

PDF nous préférons

Written by cafard93

25 novembre 2009 at 12:31

Le journal des CAFards

Nous ne sommes pas des insectes nuisibles et parasites
Nous sommes des êtres sociaux et sensibles

Qui aujourd’hui n’a pas régulièrement affaire à la CAF, à Pôle emploi, à la CPAM ou au CCAS ?

Qui aujourd’hui, ne touche pas quelqu’argent d’une institution sociale ou d’une autre, que ce soit en plus de bouts de salaires ou comme premier moyen de subsistance ?

Les CAFards pullulent dans les villes et les campagnes. À Montreuil nous sommes chaque jour plus nombreux à vivre des miettes que nous lâchent les administrations, mais aussi grâce à l’entraide ou aux petites mises en commun quotidiennes. Pourtant, le gouvernement traite les CAFards que nous sommes comme des insectes nuisibles et parasites. Il voudrait nous faire payer le peu d’argent qu’il nous concède, en nous réinsérant de force à coups de RSA ou d’Offre Raisonnable d’Emploi.

Depuis début avril à Montreuil, des CAFards se sont regroupés pour faire face aux institutions sociales, se défendre, ne pas rester seul au guichet et s’organiser contre ce qui cherche à nous écrabouiller, nous insérer, nous gouverner.

Prochaine réunion des CAFards: mardi 30 juin de 16h à 18h à la Clinique occupée, 42 boulevard de Chanzy, Montreuil sous Bois, m° Croix de Chavaux

PDF : Le journal des Cafards 

Visite à la CAF de Rosny-sous-bois

M. et N. ont des problèmes de trop-perçus. La CAF de Rosny réclame plus de 6 000 euros à N. et ne lui verse plus qu’un ridicule bout de RMI tandis que M. s’est vu amputer le montant de son AAH (allocation adulte handicapé) depuis des mois et ne reçoit plus rien du tout depuis janvier.

Il est désormais d’usage, sous couvert de « trop-perçus », que la CAF se serve sur nos allocations, voire nous laisse sans un seul radis pendant plusieurs mois, sans donner aucune explication (alors que légalement la notification d’un trop-perçu doit être motivée). Elle décide elle-même de l’échelonnement de la supposée « dette » sans nous consulter, nous mettant ainsi dans une position de présumé fraudeur ou coupable.

Nous décidons donc de nous rendre collectivement à la CAF pour comprendre de quoi on nous accuse au juste et obtenir les éléments nécessaires à notre défense. Deux autres cafards se joignent à nous P. dont l’allocation logement a été diminuée de 80 euros sans qu’elle arrive à en comprendre la raison ni par téléphone ni par mail et L. hongroise qui ne reçoit plus d’APL depuis 3 mois et dont l’ouverture de droit au RMI semble tarder malgré tous les déplacements et envois de courrier pour fournir les pièces « manquantes ».

Par un bon matin d’avril nous sommes donc une quinzaine sur le chemin de la CAF de Rosny, qui vient de rouvrir après trois semaines de fermeture. Nous faisons la queue. Plus d’une heure d’attente. En attendant nous parlons, nous rigolons, ce qui détonne avec l’ambiance « au cas par cas » et apparaît suspect aux yeux des vigiles qui semblent se préparer à quelque mauvais coup de notre part.

Le tour de L. arrive. Une cafarde la suit pour l’accompagner mais elle est rapidement interceptée par deux vigiles qui tentent de s’interposer physiquement. Nous faisons valoir le droit à l’accompagnement et ils finissent par céder. Ils acceptent que l’on puisse être deux à parler à l’agente d’accueil. Nous disons à cette dernière que nous sommes venus collectivement, et que nous comptons bien être reçus tous ensemble. Plutôt compréhensive, cette agente nous dit : « puisque vous êtes un collectif, vous serez reçus tous ensemble ». Et lorsque le nom d’un des cafards du jour s’affiche sur l’écran plasma, nous rentrons tous dans le box. Très vite, l’agent veut négocier le nombre de présents. Nous discutons tranquillement avec lui pour décider comment on pourrait faire, mais deux vigiles nous rejoignent et tentent de nous faire évacuer. La directrice descend et nous dit que cela est inadmissible : « Et la confidentialité alors ? ». Nous tentons bien de lui expliquer que nous avons été autorisés à être reçus collectivement et que les allocataires venus avec nous n’ont que faire de la confidentialité, qu’ils préfèrent résoudre collectivement leurs problèmes, mais très vite tous les agents quittent leur poste. Nous l’apprendrons plus tard, mais notre présence et le fait d’arrêter le travail a permis à certains agents de mettre en question auprès de leur direction leur conditions actuelles de travail : surchage, heures sup, etc. Au final nous n’avons plus d’interlocuteur et les bleus arrivent, puis des civils puis le commissaire de police de Rosny. Nous continuons d’interpeller la directrice en lui disant que nous voulons simplement faire valoir le droit à l’accompagnement des allocataires. Les agents regagnent leur poste de travail et acceptent que nous soyons trois par box. Les entrevues se feront donc sous surveillance policière : « Et la confidentialité alors ? ».

Nous apprenons donc que la CAF croyait que P. était en collocation alors qu’elle se déclare bien en concubinage :il n’y a donc aucune raison à la diminution de son APL. La différence lui sera versée dans les 10 jours. Le lendemain un appel téléphonique de la directrice viendra confirmer le tout.

M. apprend que son trop-perçu vient d’une mauvaise coordination des CAF de Rosny et du Havre. Le montant de son AAH lui a été versé deux fois, il y a plusieurs mois. Ils lui réclament maintenant le remboursement de cette erreur due à l’institution, et lui sucrent depuis 3 mois la totalité de son AAH. Il nous faut faire un recours.

Pendant ce temps-là, les allocataires entassés dans la salle d’attente s’y mettent aussi. Les langues se délient, les problèmes se discutent et se partagent. Certains haussent le ton et prennent à parti la directrice. L. se voit promettre le versement de ses allocations logement sous 12 jours et écrit une attestation certifiant qu’elle n’a pas de droits ouverts au chômage ce qui pourrait débloquer sa demande de RMI. L. se trouve en effet dans une situation jusque-là inextricable : en tant que ressortissante de la communauté européenne, la sécu tarde à lui donner un numéro de sécurité sociale définitif (elle n’a pour l’instant qu’un numéro provisoire), et son employeur attend son numéro définitif pour lui faire une attestation de fin de contrat, attestation qui doit lui permettre d’obtenir une notification de rejet de Pôle emploi, notification qui doit lui permettre d’ouvrir des droits au RMI.

N. passe la dernière, mais le commissaire a parlé à la directrice de la CAF et cette dernière ne veut plus qu’une personne pour accompagner. Pas moyen d’être trois, d’autant qu’elle a du mal à comprendre que P., qu’elle vient de recevoir en tant qu’allocataire, se transforme en cafarde et exige de pouvoir accompagner N. Nous ne serons donc que deux dans le box. La directrice tape sur son ordinateur, lève les yeux vers N. et telle un procureur lui dit : « Mais vous savez bien la raison de ce trop-perçu… »

Nous exigeons des explications claires et non des insinuations. Nous comprenons alors qu’il y a trois ans, lorsque N. est montée du Sud sur Montreuil, elle n’a pas déclaré officiellement à la CAF qu’un de ses enfants n’était plus à sa charge, pensant que puisqu’elle l’avait laissé là-bas et qu’il touchait une aide au logement dans le Sud, la CAF de Rosny était forcément au courant. Les trois semaines de fermeture de la CAF de Rosny courant mars, sous couvert de traitement des dossiers en souffrance, ont servi à ça : à recouper de toutes parts, les données des différentes CAF, les numéros de sécu, les impôts… La CAF réclame donc à N. une rectification de droits sur deux ans (« Nous sommes bien gentils, cela aurait pu être sur trois ans ») de ce maigre revenu qui suffit à peine pour faire vivre une famille. Comme pour M. il nous faut faire un recours.

Une allocataire, cafarde dans l’âme, profite de notre présence pour s’adresser directement à la directrice. Depuis janvier la CAF a suspendu les aides aux logements de nombreux allocataires, le temps de recouper les fichiers et de demander toutes sortes de documents. N’empêche que pendant ce temps rien n’a été versé sur les comptes. Contrainte à faire un chèque en blanc à l’office HLM pour payer son loyer, cette allocataire parvient à arracher une aide d’urgence, qui lui permettra de ne pas être interdite bancaire.



Accompagnons-nous face aux administrations !

Dans tous rapports avec l’administration, il existe un droit inconditionnel à se faire accompagner. Ce droit à l’accompagnement est valable pour les contrôles ainsi que pour toutes les démarches et rendez-vous à la CAF ou autres. Vous pouvez donc être aidé par une personne, que ce soit un ami, un parent ou un membre d’un collectif de précaires. Durant un contrôle à domicile vous pouvez inviter autant de gens que vous le souhaitez. Vous êtes chez vous ! Et avec 10 paires d’yeux braqués sur lui, un contrôleur aura plus tendance à rester à sa place.




RSA : pas question de se laisser disséquer vivants

Depuis des mois, on nous bassine avec les bienfaits du RSA à coups d’annonce du gouvernementet de campagne médiatique. Sous couvert de lutte contre la pauvreté ce dispositifsupprime le RMI (revenu minimum d’insertion) et l’API (allocation parent isolé) et multiplieles modalités de radiation et de contrôle. L’objectif est simple : nous foutre une pressiontelle que nous soyons prêts à accepter n’importe quel emploi, à n’importe quel prix et dansn’importe quelles conditions, en échange de miettes de RSA.Les plaquettes publicitaires de la CAF et de Pôle emploi vantant le mérite du RSA, montrent des allocataires factices payés pour sourire et avoir l’air de retrouver vie grâce à lui. Maisnous aurions bien voulu voir leur tête s’ils avaient eu à remplir le formulaire de demandede RSA ! En effet ce formulaire est un outil d’inquisition et de dissection de nos vies. Plusde 120 cases à cocher, des dizaines de lignes à remplir et à chaque fois le doute : « Qu’est ce que je risque si je coche cette case-là et pas une autre? ». Là aussi l’objectif est clair : il s’agit carrément de nous faire renoncer aux miettes.


Quelques extraits du formulaire de demande de RSA :

Au chapitre Votre situation professionnelle, on peut trouver les questions : « Êtes-vous à la recherche d’un emploi ? Êtes-vous inscrits comme demandeur d’emploi ? » Lorsqu’on sait qu’avec le RSA l’objectif est que les allocataires soient tous suivis par Pôle emploi, que se passe t-il si l’on répond « non » à ces questions ? Et si on répond « oui » à la question « Avez-vous cessé volontairement votre activité ?« , sera t-on privé de RSA comme les chômeurs le sont de leurs allocations chômage lorsqu’ils ont démissioné?

Au chapitre Revenus des 3 derniers mois, on trouve la case : « aides et secours financiers réguliers. précisez qui vous verse cette aide (parents, amis, ex-conjoint, associations…)« . Ils nous tendent la perche pour mieux nous coincer et nous pousser à déclarer le billet de mamie ou les prêts amicaux. Tout cela sera bien évidemment déduit du montant du RSA mais ils ne le disent pas.

Dans ce même chapitre on nous demande: « Déclarez le montant de l’argent placé ou de votre épargne disponible (comptes, livrets bancaires…)« . Qu’est ce qui se passe donc si pour une fois j’ai 1000 euros sur mon compte?

La perle se trouve au chapitre Vos droits à pension alimentaire. « Percevez-vous une pension alimentaire ? Si non, vous êtes susceptibles d’engager une action envers vos parents pour obtenir une pension alimentaire. Si vous souhaitez être dispensé de cette démarche, précisez le motif (logé gratuitement par les parents, aides financière versée par eux*…). » Qu’est-ce qu’ils veulent ? Qu’on rackette nos parents en les menaçant d’un procès? Et si on s’y refuse, est-ce que les motifs « J’ai rompu le cordon il y a bien longtemps» ou « Ma mère travaille pour un quart de smic » suffiront à nous dispenser de cette « démarche » ?

(* attention question piège ! voir paragraphe précédent)

PDF le journal des cafards

Written by cafard93

25 juin 2009 at 5:31

Publié dans Journal, Tracts & Documents