Les CAFards

Collectif de chômeurs et précaires à Montreuil

Mars attaque ! Mai ce sera trop tard // Travaillez, y’a rien à voir !

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MARS ATTAQUE ! MAI CE SERA TROP TARD

Loi travail, assurance-chômage, état d’urgence, crimes policiers…
Tout leur sera permis tant qu’on ne saura les en empêcher.

Appeler « loi travail » la dernière attaque en date contre nos conditions d’existence, il fallait oser. Les socialistes au pouvoir ont au moins le mérite d’être clairs et résument le comique « travailler plus pour gagner plus » de Sarkozy en un mot d’ordre plus explicite : travaille ! La terre se chauffe, les catastrophes se multiplient, les guerres créent de la croissance, des milliers de personnes sont enfermées aux frontières, en prison ou en centre de rétention, les emplois sont aberrants, mais il faudrait continuer, travailler, travailler, travailler.

Le plein emploi est mort, et l’horizon d’un CDI à temps plein, de toutes façons, n’a plus grand chose de désirable. On y pense parfois, peut-être pour limiter l’angoisse de croiser Pôle Emploi, mais au fond on sait bien que les conditions de travail sont partout invivables.

Aucune réforme du code du travail, aucune renégociation de l’assurance-chômage ne saurait être consensuelle. Ce qu’ils appellent « dialogue social » masque en fait un champ de bataille. Pour une raison simple : les intérêts des patrons, des détenteurs du capital, des oligarques sont diamétralement opposés à ceux des employés, des travailleurs précaires, des étudiants en CDI chez Mc Do et des chômeurs. Tout ce qu’ils gagnent est autant de perdu pour nous : un peu moins de rapport de force de notre côté, un peu moins d’armes contre le pouvoir des patrons et l’arbitraire des institutions sociales.

Un exemple. Le projet de loi dit « El Khomri » – du nom de la porte-flingue que le gouvernement s’est choisi – permettrait aux employeurs, dans les branches où ça n’était pas encore le cas, de prévenir un employé à temps partiel d’un changement de planning seulement trois jours à l’avance. Trois jours à l’avance tu ne sais pas si tu travailles ou pas, ni à quelle heure ; pour la garde des gosses, pour les rendez-vous médicaux ou amoureux, pour les réunions politiques ou celles de ton association, pour ton cours de badminton : débrouille-toi ! Ce n’est qu’un tout petit exemple parmi les centaines de mesquineries que cette loi permettrait mais il dit bien la logique qui la sous-tend. Grignoter encore les remparts qui empêchent un patron de faire n’importe quoi, de nous traiter n’importe comment.

Un autre exemple. Ce même projet de loi permettrait à Pôle emploi de récupérer les sommes versées qu’il estime indues directement sur les allocations des chômeurs. Au chômeur ensuite de prouver que c’est l’ordinateur de l’institution qui se plante, et d’attendre sans revenu, accumulant les dettes, de rentrer dans ses droits. Pôle emploi le pratique déjà illégalement et enRetour ligne automatique
toute impunité, les « partenaires sociaux » ont demandé à le faire entrer dans la loi ! La loi travail ne garantit même plus de congés en cas de catastrophes naturelles. Travailler pendant une inondation, une tempête ou une sécheresse, vous y aviez pensé ?

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Cette loi est à la hauteur du contexte dans lequel elle apparaît. Le meurtre de Rémi Fraisse.Les migrants qui meurent en mer et ceux que l’on déporte. Les racistes qui se lâchent de toutes parts. Les attentats et les va-t’en-guerre. L’Etat d’urgence. La COP 21 et son armada de flics. L’impunité policière, toujours. L’hiver politique dure et nous ne sommes pas au meilleur de notre forme, il faut bien le dire. Eux, se croient tout permis. D’un certain point de vue, ils n’ont pas tort : tout leur est permis. Ils peuvent balancer des grenades sur les écolos, perquisitionner des milliers de musulmans ou assimilés, assigner des opposants politiques à résidence, négocier les flux migratoires avec des dictateurs, interdire des manifs, buter des noirs et des arabes sans êtres incriminés, tabasser et mutiler des lycéens. Tout leur est permis tant qu’on ne saura pas les en empêcher.

La loi El Khomri n’est pas forcément le nom d’une défaite de plus qu’il va falloir encaisser. C’estaussi l’occasion d’un mouvement social – naissant, fragile, qui nous procure parfois un déjà-vu amer, certes – mais ne soyons pas bégueule : des centaines de milliers de personnes dans la rue, des appels à la grève un peu partout, des lycéens joyeux et remontés, plus de 250 sans-papiers qui occupent la Direction Générale du Travail, des gestes de solidarités inattendus…

Nous l’espérions tous ce mouvement.

Comment faire grève quand on bosse pour une association en contrat aidé ? Où tenir une AG quand on n’a ni usine ni université ? Comment ne pas se sentir seul en manif quand on n’a pas de collègues avec qui s’y rendre ? Comment s’opposer à son patron quand on bosse au noir ou quand, faute d’avoir les bons papiers, on travaille avec une autre identité que la sienne ? Comment trouver le temps de réfléchir à ce qui se passe quand on a aucune idée de ce que la CAF nous versera ou pas en début de mois, quand on ne sait pas si l’on pourra payer son loyer ?

Des précaires et chômeurs en grève

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Pour inventer des suites dans ce mouvement et agir ensemble,
RÉUNION OUVERTE POUR MONTER DES COMITÉS D’ACTION
LE 6 AVRIL À 18h – Bourse du Travail de Paris, salle Jean Jaurès, 3 rue du château d’eau Métro République

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TRAVAILLEZ ? Y’A RIEN A VOIR !

Depuis des semaines, les manifestations, occupations et actions contre la réforme du Code du Travail se multiplient. Les projets de lois s’enchainent : ANI, loi Macron, loi El Khomri, répondant tous à une même logique, celle d’une précarisation de nos existences. Tous les jours, le travail ou son absence organise nos vies. Il nous assigne à une place dans la société, et nous divise en catégories salariales. Nos choix d’orientation, d’installation, de mode de vie en dépendent, et ce qui nous revient de droit, se paye. Ce qu’on sacrifie au travail, c’est notre temps, notre santé, nos désirs, pour assurer notre survie en attente d’une vie meilleure. Voilà pourquoi lutter pour ses conditions de travail, c’est se battre pour ses conditions de vie.

Il n’est pas étonnant que les lycéens-ennes et étudiant-e-s se méfient, à raison du projet de société qu’on leur propose. Qui veut parvenir à la « réussite » dans de telles conditions ? De nombreux-ses salarié-e-s ont déjà pris l’initiative de se mettre en grève et refusent de travailler pour un système qui génère des inégalités, produit toujours plus de travailleurs-euses pauvres et alimente le chômage de masse.
De l’entrée des lycées, aux portes des CAF et des pôles emplois, jusqu’aux cellules de prison, l’Etat renforce ses dispositifs de contrôle, afin de maintenir un ordre social toujours plus inégalitaire. Les forces de l’ordre l’imposent au quotidien en même temps qu’elles répriment toute forme de contestation. L’accroissement de la misère suit celui des violences policières. Il s’agit d’une logique d’Etat, qui reproduit les rapports de domination au sein de la société. Aujourd’hui, l’état d’urgence sert à légitimer ce mode de gestion autoritaire.

Ne perdons pas notre vie à la gagner

La lutte, c’est un moment de vie qu’on se réappropprie, un temps que l’on redéfinit collectivement ; des espaces de solidarité, d’alternatives sociales et d’horizontalité. 8, 17, 24, 31 mars, les journées de mobilisation se succèdent. Souvent, les cortèges se scrutent sans échanger, on se compte et on rentre chez nous. Alors, pour lutter qu’est ce qu’il nous reste ? Ce dont on se donnera les moyens.

La grève c’est faire le choix d’arrêter de produire. C’est bloquer l’économie sur son lieu de travail, mais aussi s’exposer en tant qu’individu. Pour prendre ce risque, il faut avoir conscience de sa force collective et dépasser l’isolement en organisant la solidarité. Construire un rapport de force, c’est aussi pouvoir impulser un calendrier qui nous soit propre, multiplier les initiatives et les mettre en lien pour permettre une réelle convergence. Les actions d’occupations, de blocages et de grèves tournantes sont des moments de rencontre qui permettent de créer de nouveaux espaces communs, afin de dépasser les identités sociales que l’on nous assigne, et les catégories que l’on nous impose.

Pour renforcer la mobilisation, l’idée est de nous organiser à travers des comités d’action qui permettraient aussi bien une entraide ciblée qu’une plus large expression de notre détermination.

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Pour inventer des suites dans ce mouvement et agir ensemble,
RÉUNION OUVERTE POUR MONTER DES COMITÉS D’ACTION
LE 6 AVRIL À 18h – Bourse du Travail de Paris, salle Jean Jaurès, 3 rue du château d’eau Métro République

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Written by cafard93

2 avril 2016 à 10:00

Publié dans Tracts & Documents

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