Les CAFards

Collectif de chômeurs et précaires à Montreuil

Archive for 2009

CAF ?… Arrrrgh !!!!

Aujourd’hui, comme tant d’autres fois, nous nous retrouvons à faire la queue à la CAF. Cette fois, nous sommes venus avec un ami à qui la CAF refuse de verser les prestations familiales – auxquelles il a droit – sous le prétexte fallacieux qu’il n’aurait pas les bons papiers.

Tous les aventuriers des temps modernes que sont les « usagers » de l’institution ont fait cette expérience :

LE PÉRIPLE INFERNAL DE QUI VEUT TOUCHER SON FRIC

Après 62 appels inutiles au numéro à tarif spécial de la CAF, après 543 minutes d’attente dans les agences pour se faire dire « madame on peut rien pour vous », bien souvent on abandonne, épuisé, seul face à cette grosse machine qui veut garder tous nos sous bien au chaud dans ses caisses.

Après un premier refus, quand par chance, quelqu’un au guichet vous fournit les informations nécessaires à un recours, procédé simple mais peu utilisé, on écope généralement d’un deuxième refus qui oblige à se lancer dans une plainte auprès du tribunal des affaires de la sécurité sociale (le TASS), procédure bien plus fastidieuse.

Tout est fait pour décourager les démarches, avec en premier lieu la rétention d’informations. Qui sait par exemple que les administrations ont l’obligation de donner une réponse dans un délai de deux mois ? Et que l’absence de nouvelles au terme de ces 60 jours équivaut à un refus implicite ? Qui sait encore que les enfants, qu’ils soient nés ou pas sur le sol français, ont le droit comme leurs camarades de classe aux allocations familiales ? Quand la CAF refuse systématiquement les prestations familiales à des parents « sans-papiers » d’enfants résidents en France, elle contrevient à son propre règlement.

Ici comme dans bien d’autres cas, la CAF mène une politique qui pousse au renoncement. Elle s’approprie le fric d’ayants droits qui, parce qu’isolés, ne maîtrisant pas bien la langue ou juste fatigués des démarches administratives, ne feront pas les démarches nécessaires pour récupérer leur dû. C’est sans réponse, sans solution que l’on rentre chez soi, pas plus avancé qu’hier. C’est pourquoi nous venons à plusieurs aujourd’hui, plus forts et déterminés à exiger notre argent.

D’ « usagers » nous avons décidé de devenir CAFARDS, c’est à dire de nous organiser collectivement pour partager les informations, pour se déplacer dans les institutions et y exiger les textes relatifs à l’accès aux prestations et faire débloquer des dossiers, mais aussi pour rencontrer des « usagers » et peut-être découvrir d’autres cafards dans les files d’attentes interminables.

À Rennes, Paris, Lyon, Lille, Marseille, Toulouse des collectifs de chômeurs, précaires et autres cafards naissent, renaissent et agissent dans les CAF, les Pôle emploi, les CPAM ou les CCAS.

À MONTREUIL COMME AILLEURS
CES INSTITUTIONS NOUS VOUDRAIENT TOUJOURS PLUS ISOLÉS, MUETS ET SOUMIS

À MONTREUIL COMME AILLEURS
SOYONS PLUS NOMBREUX POUR LEUR FAIRE LA MISÈRE

PDF Cafarghh

Written by cafard93

16 décembre 2009 at 12:17

Publié dans Tracts & Documents

Affiche “tout est en ordre”

Written by cafard93

30 novembre 2009 at 8:08

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Vers une grève des Chômeurs

Un peu partout en France, des chômeurs, précaires, et autres CAFards se mettent en mouvement : une mairie occupée à Brest qui appelle à l’occupation des mairies et autres bâtiments publics stratégiques et d’autres qui en font autant à Lannion, Morlaix et Rennes; de nombreuses interventions dans des Pôle Emploi et des CAF, mais aussi dans des agences ERDF et des boites d’intérim, des marches en Bretagne et autour de Marseille. Les manifestations du 5 décembre contre le chômage et la précarité à Rennes, Paris, Lyon, Bordeaux, Agen, Besançon et Marseille, s’annoncent bien.

À NOTRE TOUR, NOUS INVESTISSONS UNE ANTENNE PÔLICE EMPLOI.

Nous venons, aujourd’hui, nous approprier un temps, une agence Pôle Emploi. Nous voudrions faire de ce lieu autre chose qu’un espace d’humiliation et de contrôle, retourner sa fonction comme une peau de lapin, l’investir pour y faire ce qui nous importe. Réaménager l’espace. Partager, avec les autres allocataires et les agents, des analyses des institutions sociales et de leurs réformes. Manger, pour une fois, autre chose que des radiations dans la gueule. Repenser nos craintes, nos espoirs, nos armes. Et peut être imaginer ensemble une grève des chômeurs. Sans préavis.

CE SERAIT QUOI UNE GRÈVE DES CHÔMEURS ?

Sans doute un arrêt du travail que Pôle Emploi exige de nous : venir chaque mois pointer et nous faire interroger par Police Emploi, nous faire contrôler nos papiers aux UV comme à la préfecture, accepter des boulots de merde payés des miettes que l’état prétend « raisonnables », perdre son temps en stages de CV et de relooking, patienter des heures au 39 49 pour faire valoir nos droits. Bref, une grève pour refuser d’être produits comme victimes du chômage, statistiques à manipuler, épouvantail repoussoir à travailleurs pauvres, chair à réinsérer de gré ou de force, esprits à remotiver. C’est contre tout cela que nous occupons aujourd’hui l’usine des chômeurs, là où on met nos corps et nos esprit au travail.

INTERVENONS PARTOUT, À 3, À 20 OU PAR CENTAINES,
DANS LES PÔLE EMPLOI ET TOUS LES LIEUX QUI VEULENT NOUS CONTRÔLER :

RENDEZ-VOUS MERCREDI 2 DÉCEMBRE
À 11H PLACE DU CHÂTELET, POUR UNE OCCUPATION

ET À LA MANIFESTATION PARISIENNNE CONTRE LE CHÔMAGE ET LA PRÉCARITÉ
LE 5 DÉCEMBRE À 14H À STALINGRAD

À MONTREUIL RETROUVONS-NOUS À 13 H À L’ENTRÉE DE LA RUE PIÉTONNE
À CROIX DE CHAVAUX POUR PARTIR ENSEMBLE À LA MANIF

Nous ne voulons
ni être contrôlés ni gérés ;
ni aidés ni plaints
Nous voulons de l’argent.
Rendez-vous sur la grande grève

PDF vers une grève

Written by cafard93

25 novembre 2009 at 12:45

Nous préférons une grève des Chômeurs

Tours en rond, de rdv en rdv, de standards en standards, de formations en formations,
Allers-retours, de l’intérim au chômage, du temps partiel au RSA,
Et puis mimer la bonne volonté, la bonne foi, la vraie motivation,

NOUS PRÉFÈRERIONS PRENDRE LE FRIC,
SANS CONTRE-PARTIE

Pas tellement parce que nous préfèrons glander ou vivre des week-ends permanents,
mais parce que nous savons que si nous avions le choix, ensemble, nous ferions tout autre chose que de servir des inconnus dans des bars ou des restos,
que d’appeler chez les gens pour les emmerder avec des histoires de promotion et de services après-vente,
que de construire des nouvelles prisons ou des bâtiments qui se casseront la gueule dans dix ans.

Nous refusons le racket : si tu travailles, tu as du fric, et donc tu peux vivre.
Pas tellement parce que nous voulons une société où chacun s’ennuie à ne rien faire
Mais parce qu’à force d’orienter le travail par le fric, celui-ci est souvent devenu plus con que jamais.

Et parce que nous ne pouvons pas plus accéder directement aux moyens de production que faire de ces derniers
un usage intéressant,

NOUS VOULONS D’ABORD L’ARGENT
ET PUIS APRÈS ON VERRA

Ça peut sembler dingue,

mais ça l’est moins,

qu’imaginer un développement durable
un capitalisme humain et écologique

mais ça l’est moins,

que de continuer nos petites débrouilles
que de galèrer chacun de notre côté.

Alors quoi ?

Il nous faut des situations et des espaces où se rencontrer, où se montrer
ET EXIGER BEAUCOUP
pour que, chaque fois que nous passons par la case emploi,
nous ayons moins peur du chômage et donc de nos patrons
pour que, à chaque fois que nous allons à la CAF, à Pôle-Emploi, au CCAS ou ailleurs,
ils sachent que nous ne demandons pas la charité mais l’argent.

Nous voulons imaginer ce que serait une grève
des chômeurs,
une grève qui dirait, dans un grand rire: donnez-nous l’argent,
et arrêtez de nous prendre pour des buses, on voit que
votre contrôle et vos radiations,
c’est pour nous faire accepter n’importe quoi

MANIFESTION DES CHÔMEURS, PRÉCAIRES ET AUTRES CAFARDS
À PARIS LE SAMEDI 5 DÉCEMBRE, À 14H, PLACE STALINGRAD

PDF nous préférons

Written by cafard93

25 novembre 2009 at 12:31

Affiche “le management tue”

Written by cafard93

24 novembre 2009 at 8:03

Publié dans Affiche

Étrangers, Sans-Papiers, vos droits aux allocations

La CAF de Rosny-sous-Bois s’obstine, quitte à ne pas respecter les textes de lois, à refuser le versement des allocations familiales et de l’aide au logement à des familles dont les parents n’ont pas de papiers ou n’auraient pas les « bons papiers ».

Les agents d’accueils bloquent systématiquement les demandes « ce n’est pas dans le règlement », « nous connaissons la loi : pas de papier = pas de droit » et quand ce filtre n’a pas marché, la direction se charge de rejeter ces demandes ou de ne pas y répondre.

Ces pratiques de la CAF ont été condamnées à de multiples reprises notamment par la Défenseure des enfants (institution indépendante chargée de veiller au respect des droits des enfants vivant en France) ainsi que par la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) qui estiment ces refus contraire aux articles 8 et 14 de la convention européenne des droits de l’homme (CEDH) et aux articles 2 et 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). Des Cours d’Appel et de Cassation ont aussi statué sur cette question en condamnant la CAF à verser les allocations familiales à des familles.

Les enfants ont des droits que leurs parents aient des papiers ou pas, parce que justement ce sont des enfants.

[… la suite dans le PDF étrangers]

Written by cafard93

16 octobre 2009 at 12:44

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Le journal des CAFards

Nous ne sommes pas des insectes nuisibles et parasites
Nous sommes des êtres sociaux et sensibles

Qui aujourd’hui n’a pas régulièrement affaire à la CAF, à Pôle emploi, à la CPAM ou au CCAS ?

Qui aujourd’hui, ne touche pas quelqu’argent d’une institution sociale ou d’une autre, que ce soit en plus de bouts de salaires ou comme premier moyen de subsistance ?

Les CAFards pullulent dans les villes et les campagnes. À Montreuil nous sommes chaque jour plus nombreux à vivre des miettes que nous lâchent les administrations, mais aussi grâce à l’entraide ou aux petites mises en commun quotidiennes. Pourtant, le gouvernement traite les CAFards que nous sommes comme des insectes nuisibles et parasites. Il voudrait nous faire payer le peu d’argent qu’il nous concède, en nous réinsérant de force à coups de RSA ou d’Offre Raisonnable d’Emploi.

Depuis début avril à Montreuil, des CAFards se sont regroupés pour faire face aux institutions sociales, se défendre, ne pas rester seul au guichet et s’organiser contre ce qui cherche à nous écrabouiller, nous insérer, nous gouverner.

Prochaine réunion des CAFards: mardi 30 juin de 16h à 18h à la Clinique occupée, 42 boulevard de Chanzy, Montreuil sous Bois, m° Croix de Chavaux

PDF : Le journal des Cafards 

Visite à la CAF de Rosny-sous-bois

M. et N. ont des problèmes de trop-perçus. La CAF de Rosny réclame plus de 6 000 euros à N. et ne lui verse plus qu’un ridicule bout de RMI tandis que M. s’est vu amputer le montant de son AAH (allocation adulte handicapé) depuis des mois et ne reçoit plus rien du tout depuis janvier.

Il est désormais d’usage, sous couvert de « trop-perçus », que la CAF se serve sur nos allocations, voire nous laisse sans un seul radis pendant plusieurs mois, sans donner aucune explication (alors que légalement la notification d’un trop-perçu doit être motivée). Elle décide elle-même de l’échelonnement de la supposée « dette » sans nous consulter, nous mettant ainsi dans une position de présumé fraudeur ou coupable.

Nous décidons donc de nous rendre collectivement à la CAF pour comprendre de quoi on nous accuse au juste et obtenir les éléments nécessaires à notre défense. Deux autres cafards se joignent à nous P. dont l’allocation logement a été diminuée de 80 euros sans qu’elle arrive à en comprendre la raison ni par téléphone ni par mail et L. hongroise qui ne reçoit plus d’APL depuis 3 mois et dont l’ouverture de droit au RMI semble tarder malgré tous les déplacements et envois de courrier pour fournir les pièces « manquantes ».

Par un bon matin d’avril nous sommes donc une quinzaine sur le chemin de la CAF de Rosny, qui vient de rouvrir après trois semaines de fermeture. Nous faisons la queue. Plus d’une heure d’attente. En attendant nous parlons, nous rigolons, ce qui détonne avec l’ambiance « au cas par cas » et apparaît suspect aux yeux des vigiles qui semblent se préparer à quelque mauvais coup de notre part.

Le tour de L. arrive. Une cafarde la suit pour l’accompagner mais elle est rapidement interceptée par deux vigiles qui tentent de s’interposer physiquement. Nous faisons valoir le droit à l’accompagnement et ils finissent par céder. Ils acceptent que l’on puisse être deux à parler à l’agente d’accueil. Nous disons à cette dernière que nous sommes venus collectivement, et que nous comptons bien être reçus tous ensemble. Plutôt compréhensive, cette agente nous dit : « puisque vous êtes un collectif, vous serez reçus tous ensemble ». Et lorsque le nom d’un des cafards du jour s’affiche sur l’écran plasma, nous rentrons tous dans le box. Très vite, l’agent veut négocier le nombre de présents. Nous discutons tranquillement avec lui pour décider comment on pourrait faire, mais deux vigiles nous rejoignent et tentent de nous faire évacuer. La directrice descend et nous dit que cela est inadmissible : « Et la confidentialité alors ? ». Nous tentons bien de lui expliquer que nous avons été autorisés à être reçus collectivement et que les allocataires venus avec nous n’ont que faire de la confidentialité, qu’ils préfèrent résoudre collectivement leurs problèmes, mais très vite tous les agents quittent leur poste. Nous l’apprendrons plus tard, mais notre présence et le fait d’arrêter le travail a permis à certains agents de mettre en question auprès de leur direction leur conditions actuelles de travail : surchage, heures sup, etc. Au final nous n’avons plus d’interlocuteur et les bleus arrivent, puis des civils puis le commissaire de police de Rosny. Nous continuons d’interpeller la directrice en lui disant que nous voulons simplement faire valoir le droit à l’accompagnement des allocataires. Les agents regagnent leur poste de travail et acceptent que nous soyons trois par box. Les entrevues se feront donc sous surveillance policière : « Et la confidentialité alors ? ».

Nous apprenons donc que la CAF croyait que P. était en collocation alors qu’elle se déclare bien en concubinage :il n’y a donc aucune raison à la diminution de son APL. La différence lui sera versée dans les 10 jours. Le lendemain un appel téléphonique de la directrice viendra confirmer le tout.

M. apprend que son trop-perçu vient d’une mauvaise coordination des CAF de Rosny et du Havre. Le montant de son AAH lui a été versé deux fois, il y a plusieurs mois. Ils lui réclament maintenant le remboursement de cette erreur due à l’institution, et lui sucrent depuis 3 mois la totalité de son AAH. Il nous faut faire un recours.

Pendant ce temps-là, les allocataires entassés dans la salle d’attente s’y mettent aussi. Les langues se délient, les problèmes se discutent et se partagent. Certains haussent le ton et prennent à parti la directrice. L. se voit promettre le versement de ses allocations logement sous 12 jours et écrit une attestation certifiant qu’elle n’a pas de droits ouverts au chômage ce qui pourrait débloquer sa demande de RMI. L. se trouve en effet dans une situation jusque-là inextricable : en tant que ressortissante de la communauté européenne, la sécu tarde à lui donner un numéro de sécurité sociale définitif (elle n’a pour l’instant qu’un numéro provisoire), et son employeur attend son numéro définitif pour lui faire une attestation de fin de contrat, attestation qui doit lui permettre d’obtenir une notification de rejet de Pôle emploi, notification qui doit lui permettre d’ouvrir des droits au RMI.

N. passe la dernière, mais le commissaire a parlé à la directrice de la CAF et cette dernière ne veut plus qu’une personne pour accompagner. Pas moyen d’être trois, d’autant qu’elle a du mal à comprendre que P., qu’elle vient de recevoir en tant qu’allocataire, se transforme en cafarde et exige de pouvoir accompagner N. Nous ne serons donc que deux dans le box. La directrice tape sur son ordinateur, lève les yeux vers N. et telle un procureur lui dit : « Mais vous savez bien la raison de ce trop-perçu… »

Nous exigeons des explications claires et non des insinuations. Nous comprenons alors qu’il y a trois ans, lorsque N. est montée du Sud sur Montreuil, elle n’a pas déclaré officiellement à la CAF qu’un de ses enfants n’était plus à sa charge, pensant que puisqu’elle l’avait laissé là-bas et qu’il touchait une aide au logement dans le Sud, la CAF de Rosny était forcément au courant. Les trois semaines de fermeture de la CAF de Rosny courant mars, sous couvert de traitement des dossiers en souffrance, ont servi à ça : à recouper de toutes parts, les données des différentes CAF, les numéros de sécu, les impôts… La CAF réclame donc à N. une rectification de droits sur deux ans (« Nous sommes bien gentils, cela aurait pu être sur trois ans ») de ce maigre revenu qui suffit à peine pour faire vivre une famille. Comme pour M. il nous faut faire un recours.

Une allocataire, cafarde dans l’âme, profite de notre présence pour s’adresser directement à la directrice. Depuis janvier la CAF a suspendu les aides aux logements de nombreux allocataires, le temps de recouper les fichiers et de demander toutes sortes de documents. N’empêche que pendant ce temps rien n’a été versé sur les comptes. Contrainte à faire un chèque en blanc à l’office HLM pour payer son loyer, cette allocataire parvient à arracher une aide d’urgence, qui lui permettra de ne pas être interdite bancaire.



Accompagnons-nous face aux administrations !

Dans tous rapports avec l’administration, il existe un droit inconditionnel à se faire accompagner. Ce droit à l’accompagnement est valable pour les contrôles ainsi que pour toutes les démarches et rendez-vous à la CAF ou autres. Vous pouvez donc être aidé par une personne, que ce soit un ami, un parent ou un membre d’un collectif de précaires. Durant un contrôle à domicile vous pouvez inviter autant de gens que vous le souhaitez. Vous êtes chez vous ! Et avec 10 paires d’yeux braqués sur lui, un contrôleur aura plus tendance à rester à sa place.




RSA : pas question de se laisser disséquer vivants

Depuis des mois, on nous bassine avec les bienfaits du RSA à coups d’annonce du gouvernementet de campagne médiatique. Sous couvert de lutte contre la pauvreté ce dispositifsupprime le RMI (revenu minimum d’insertion) et l’API (allocation parent isolé) et multiplieles modalités de radiation et de contrôle. L’objectif est simple : nous foutre une pressiontelle que nous soyons prêts à accepter n’importe quel emploi, à n’importe quel prix et dansn’importe quelles conditions, en échange de miettes de RSA.Les plaquettes publicitaires de la CAF et de Pôle emploi vantant le mérite du RSA, montrent des allocataires factices payés pour sourire et avoir l’air de retrouver vie grâce à lui. Maisnous aurions bien voulu voir leur tête s’ils avaient eu à remplir le formulaire de demandede RSA ! En effet ce formulaire est un outil d’inquisition et de dissection de nos vies. Plusde 120 cases à cocher, des dizaines de lignes à remplir et à chaque fois le doute : « Qu’est ce que je risque si je coche cette case-là et pas une autre? ». Là aussi l’objectif est clair : il s’agit carrément de nous faire renoncer aux miettes.


Quelques extraits du formulaire de demande de RSA :

Au chapitre Votre situation professionnelle, on peut trouver les questions : « Êtes-vous à la recherche d’un emploi ? Êtes-vous inscrits comme demandeur d’emploi ? » Lorsqu’on sait qu’avec le RSA l’objectif est que les allocataires soient tous suivis par Pôle emploi, que se passe t-il si l’on répond « non » à ces questions ? Et si on répond « oui » à la question « Avez-vous cessé volontairement votre activité ?« , sera t-on privé de RSA comme les chômeurs le sont de leurs allocations chômage lorsqu’ils ont démissioné?

Au chapitre Revenus des 3 derniers mois, on trouve la case : « aides et secours financiers réguliers. précisez qui vous verse cette aide (parents, amis, ex-conjoint, associations…)« . Ils nous tendent la perche pour mieux nous coincer et nous pousser à déclarer le billet de mamie ou les prêts amicaux. Tout cela sera bien évidemment déduit du montant du RSA mais ils ne le disent pas.

Dans ce même chapitre on nous demande: « Déclarez le montant de l’argent placé ou de votre épargne disponible (comptes, livrets bancaires…)« . Qu’est ce qui se passe donc si pour une fois j’ai 1000 euros sur mon compte?

La perle se trouve au chapitre Vos droits à pension alimentaire. « Percevez-vous une pension alimentaire ? Si non, vous êtes susceptibles d’engager une action envers vos parents pour obtenir une pension alimentaire. Si vous souhaitez être dispensé de cette démarche, précisez le motif (logé gratuitement par les parents, aides financière versée par eux*…). » Qu’est-ce qu’ils veulent ? Qu’on rackette nos parents en les menaçant d’un procès? Et si on s’y refuse, est-ce que les motifs « J’ai rompu le cordon il y a bien longtemps» ou « Ma mère travaille pour un quart de smic » suffiront à nous dispenser de cette « démarche » ?

(* attention question piège ! voir paragraphe précédent)

PDF le journal des cafards

Written by cafard93

25 juin 2009 at 5:31

Publié dans Journal, Tracts & Documents